LE PRIX LITTÉRAIRE LUCIEN BARRIÈRE
 
Le Jury composé des sept journalistes et écrivains :
Ariane Bois Heilbronn | François Forestier | Jean-Claude Lamy | Éric Neuhoff
Patrick Poivre d’Arvor | Gonzague Saint Bris | Colombe Schneck

remet chaque année le Prix littéraire Lucien Barrière pendant le Festival du Cinéma Américain de Deauville.
 

Le Prix littéraire Lucien Barrière 2016 est décerné au livre :
DERNIERS FEUX SUR SUNSET de STEWART O’NAN
Titre original : West of Sunset
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marc Amfreville
Le traducteur tient à remercier Arnaud Desplechin qui, en de nombreux points du récit, l’a aidé à trouver le vocabulaire cinématographique précis correspondant à celui du texte original.
Éditions de l’Olivier, août 2016

 
Les larmes de Cimino, le regard de Wiesel
Je me souviens des larmes de Michael Cimino en 2001 et du regard d’Elie Wiesel en 1984… Dix-sept années entre ces deux lauréats du Prix littéraire Lucien-Barrière fondé par André Halimi.
André m’avait accueilli au sein de ce jury de bonne foi mais sans loi écrite. Les délibérations étaient un festival de blagues et de joyeux affrontements. Robert Sabatier, membre de l’académie Goncourt, n’était pas en reste. C’est lui qui pensa à couronner Elie Wiesel deux ans avant que l’auteur du Cinquième Fils ne reçoive le prix Nobel de la paix. Rescapé de la Shoah, il vint à Deauville en humaniste, le regard éclairé par sa force d’âme. Il fit une causerie et stigmatisa le plus grand des maux : l’indifférence.
Quant à Michael Cimino, le génial réalisateur de Voyage au bout de l’enfer, il se crut au paradis des écrivains et versa des larmes d’émotion lorsque André salua Big Jane, son premier roman primé. Rejeté par Hollywood, il s’était fait son cinéma avec ce livre où l’Amérique des grands espaces remplit l’écran de son imaginaire. Disparus à quarante-huit heures d’intervalle – Cimino le 30 juin 2016 à Los Angeles, Wiesel le 2 juillet à New York – ils appartiennent à notre histoire : September in Deauville.
Jean-Claude Lamy
 
Fitzgerald, clap de fin. 1937. L’auteur de Gatsby est au bout du rouleau. Ses livres ne se vendent plus. Il souffre de vendre son talent à Hollywood. Sa femme Zelda est dans un hôpital psychiatrique sur la côte Est. Sujet en or pour le subtil Stewart O’Nan, qui plonge dans les affres de la création, se glisse dans la peau d’un écrivain soucieux de son art et de sa famille. Il y a les dîners chez Schwab’s, les bons mots de Dorothy Parker, les parties au Jardin d’Allah où tout le monde habite plus ou moins (tout le monde, c’est-à-dire Bogart). O’Nan se déplace dans l’époque et le milieu comme s’il était chez lui. Quelle plaie de voir que la MGM massacre ou refuse ses scénarios ! Heureusement, la délicieuse Sheilah Graham est là. Elle met un peu de douceur dans ces jours où la lumière baisse doucement. L’alcool exige son tribut. Los Angeles est la ville idéale pour souiller vos rêves les plus anciens. Voici un homme au cœur brisé, à la santé en miettes, aux espoirs déçus. Il s’agit d’un des plus grands artistes américains. Il ressuscite soudain sous nos yeux ébahis. Thanks, Mister O’Nan!
Éric Neuhoff
 
Si vous avez été enchanté par Café Society, le dernier Woody Allen, ce roman vous offre le même décor somptueux. Hollywood dans les années 1930, le jazz et l’alcool. Le héros de ce roman est l’écrivain Francis Scott Fitzgerald, avec lui, on danse au bord du précipice. Stewart O’Nan écrit : « Comme tout le monde à Hollywood, Sheilah n’était pas qui elle prétendait être. »
Sheilah est le dernier amour de Fitzgerald, une journaliste mondaine, qui n’aime que ce qui est superficiel, quand son amant, lui, tente de s’accrocher à une réalité qui s’effrite.
L’écrivain « court avec des ciseaux », tente de sauver ce qu’il peut sauver de sa vie. Ses livres, sa fille Scottie, Zelda.
Ici, le décor est beau, les piscines sans fond, les couchers de soleil presque clinquants, les robes sont de soie. Stewart O’Nan transpose, avec grâce, cette citation de Fitzgerald dans La Fêlure : « Toute vie est un processus de démolition. »
Colombe Schneck
 
LES LAURÉATS PRÉCÉDENTS | PAST AWARD WINNERS
1976      LE FOU D’AMÉRIQUE de Yves Berger
1977      Marc Ullmann
1978      LE MENDIANT ET LE VOLEUR de Irvin Shaw
1979      BY MYSELF de Lauren Bacall
1980      Maurice Bellonte
1981      LES JEUNES LIONS de Irwin Shaw Georges Walter
1982      LES MÉMOIRES IMAGINAIRES DE MARILYN de Norman Mailer
1983      CRÉATION de Gore Vidal
1984      LE CINQUIÈME FILS de Elie Wiesel
1985      FORTITUDE de Larry Collins
1986      LA CLASSE de Eric Segal
1987      Patricia Highsmith
1988      L’HERBE DE FER de William Kennedy
1989      Budd Schulberg
1990      ŒUVRE de William Styron
1991      LE GRAND ROUGE de Samuel Fuller
1992      DICTIONNAIRE DU CINÉMA de Jacques Lourcelles
1993      LE FEU DES ÉTOILES de Sidney Sheldon
1994      MONSIEUR VERTIGO de Paul Auster Barbara Taylor Bradford
1995      LES FILLES DE MARIA de Jerome Charyn
1996      LE MONDE PERDU de Michael Crichton
1997      PERSONNES DISPARUES de Patricia MacDonald Erica Jong
1998      TU M’APPARTIENS de Mary Higgins Clark
1999      EN GRAVISSANT LA MONTAGNE de Kirk Douglas
2000      ET SI C’ÉTAIT VRAI de Marc Levy
2001      BIG JANE de Michael Cimino
2002      LE BAISER de Danielle Steel
2003      RIEN NE VA PLUS de Douglas Kennedy
2004      DE MARQUETTE À VERACRUZ de Jim Harrison
2005      SANCTUARY V de Budd Schulberg
2006      HENRI OU HENRY, LE ROMAN DE MON PÈRE de Didier Decoin
2007      LA BELLE VIE de Jay McInerney
2008      MARILYN ET JFK de François Forestier
2009      ET QUE LE VASTE MONDE POURSUIVE SA COURSE FOLLE de Colum McCann
2010      BLONDE de Joyce Carol Oates
2011      MINUIT DANS UNE VIE PARFAITE (Midnight in a Perfect Life) de Michael Collins
2012      PAS SIDNEY POITIER (Not Sidney Poitier) de Percival Everett
2013      CANADA de Richard Ford
2014      LE FILS (The Son) Philipp Meyer
2015      TOUS NOS NOMS (All Our Names) Dinaw Mengestu
 
 
  LE ROMAN
Nous sommes en 1937, et tout va mal pour Francis Scott Fitzgerald. Il est ruiné, miné par l’alcool, en panne d’inspiration, et Zelda, l’amour de sa vie, est internée dans un asile. Elle est loin l’époque où leur couple défrayait la chronique. L’Ère du Jazz est terminée, avec ses fêtes, son glamour, ses extravagances.
Répondant à une proposition de la Metro Goldwyn Mayer, Fitzgerald joue sa dernière carte et débarque à Hollywood comme scénariste. Ses collègues se nomment Dorothy Parker, Ernest Hemingway, Humphrey Bogart. Dans une soirée, il croise la ravissante Sheilah Graham, une journaliste mondaine dont il tombe follement amoureux. Il se remet à écrire, s’efforce de ne plus boire, rend visite à Zelda avec sa fille Scottie.
Mais comment continuer à vivre quand le monde semble s’effriter autour de soi ?
« Toute vie est un processus de démolition », avait-il écrit dans La Fêlure (1936).
Quelques années plus tard, cette phrase sonne comme un avertissement du destin.

Dans DERNIERS FEUX SUR SUNSET, l’auteur trace, avec grâce et subtilité, le portrait romanesque du plus attachant – parce que le plus fragile – des écrivains de la « Génération perdue » inventée jadis par Gertrude Stein.

   
« Il n’y a pas de deuxième acte dans les vies américaines. » (Francis Scott Fitzgerald)
« Rien n’était impossible : tout ne faisait que commencer. » (Francis Scott Fitzgerald)
   

  L’AUTEUR
est né en 1967 à Pittsburgh (États-Unis). Il est notamment l’auteur des Anges dans la neige, Chanson pour l’absente, Emily et Les Joueurs, tous publiés aux Éditions de l’Olivier. Derniers Feux sur Sunset a rencontré un grand succès public et critique aux États-Unis.