Depuis plus de quarante ans, Roschdy Zem traverse le cinéma français avec une intensité discrète, imposant film après film une présence singulière, faite de force contenue, de pudeur et de vérité. Un regard dans lequel semblent se mêler douceur et inquiétude ; une voix, grave, qui porte autant les silences que les mots ; une élégance qui consiste à ne jamais chercher à séduire mais toujours à convaincre.
Révélé au début des années 1990, Roschdy Zem construit une œuvre exigeante, refusant les chemins balisés et les évidences. D’un rôle à l’autre, il compose une galerie d’hommes complexes, dont il restitue avec précision les failles, les combats et les contradictions. Sous la direction de cinéastes aux regards aussi singuliers que Xavier Beauvois, André Téchiné, Pierre Jolivet, Arnaud Desplechin, Laetitia Masson, Louis Garrel, Rachid Bouchareb ou Rebecca Zlotowski, il n’a cessé d’explorer les multiples visages de son art.

Roschdy Zem est aussi réalisateur. Depuis Mauvaise Foi, il a réalisé cinq autres films : Omar m’a tuer, Bodybuilder, Chocolat, Persona non grata et Les Miens, il construit une œuvre personnelle attentive aux invisibles, aux destins contrariés, aux questions de transmission et d’identité. Un cinéma profondément humaniste qui regarde les êtres avant les discours et préfère la nuance aux certitudes.

Couronné du César du meilleur acteur pour Roubaix, une lumière d’Arnaud Desplechin, Roschdy Zem n’a jamais cessé d’élargir son territoire artistique. Acteur, réalisateur, scénariste, il appartient à cette famille de créateurs qui considèrent le cinéma comme un espace de liberté.
Artisan exigeant et figure majeure du cinéma français contemporain, il construit une œuvre populaire sans concession, engagée sans dogmatisme, et profondément humaine.
C’est avec une immense fierté que le Festival de Deauville accueillera Roschdy Zem comme Président du Jury de sa 52e édition.