Lors du Festival, un jury composé des journalistes et écrivains François Armanet, Marie Chaudey, Bruno Corty, Tiffany Gassouk et Éric Neuhoff remet le Prix Lucien-Barrière du Roman Américain, organisé par Béatrice Nakache Halimi.
Le Prix Lucien-Barrière du Roman Américain 2026 est décerné à Siri Hustvedt pour « Ghost Stories », publié aux Éditions Gallimard et traduit de l’anglais (États-Unis) par Frédéric Joly.
Dans « Ghost Stories », d’une intimité rare, Siri Hustvedt se livre pour la première fois sur le grand amour de sa vie, Paul Auster. Elle y célèbre leur longue et magnifique vie à deux, et nous plonge dans les recoins les plus secrets de leur mythique couple d’écrivains new-yorkais. « Ghost Stories » est aussi la chronique de la disparition de l’être aimé, convoquant souvenirs, lectures et traces écrites — autant de tentatives pour affronter l’absence, et accueillir les signes de l’au-delà. Un époustouflant livre d’amour et de deuil qui nous offre une boussole pour que nous restions liés à tous ceux que nous avons perdus trop tôt.
« Ils formaient un couple d’écrivains iconique, digne de tous les superlatifs : Siri Hustvedt et son compagnon Paul Auster partageaient l’intelligence, le talent, la beauté, l’humour. Et une complicité de plus de 40 ans, jusqu’à ce jour d’avril 2024 où Paul est mort d’un cancer du poumon diagnostiqué seize mois plus tôt. Alors après le cataclysme, le recours aux mots s’est imposé pour celle qui est restée seule, amputée de son âme sœur. Siri Husvedt, qui a de longue date pratiqué le roman mais aussi les essais liés aux sciences sociales, convoque ici tous les registres à sa portée pour raconter l’indicible, la maladie et le combat mené en commun, la douleur et la perte dans toute sa lucidité, mais aussi la présence de l’autre malgré l’absence. Pas de récit chronologique, l’écrivaine alterne journal de lutte et de deuil, les bulletins médicaux, la pharmacopée et les courriels envoyés aux proches depuis ce qu’elle nomme « Cancerland », les lettres rédigées par Paul Auster à l’attention de son petit-fils Miles âgé de quelques mois et qu’il n’aura pas le temps de voir grandir. Siri Hustvedt confesse s’astreindre à la plus grande honnêteté, dévoile l’intime en lui tenant la bride, ne cache pas la tragédie qui a marqué la famille en 2022 – la mort du fils ainé de Paul. Mais sur ces 400 pages intensément bouleversantes, c’est l’amour qui l’emporte, celui qui lie les générations autant que le cercle rapproché, et bien sûr, le lien amoureux tressé serré entre les deux écrivains, cet amour « organique » : à l’image d’un arbre, capable d’encaisser les orages et de déployer de nouvelles branches. Un amour qui n’a jamais connu l’ennui, dit-elle, où la complicité littéraire jouait aussi un rôle essentiel. Leur couple lui-même fut une œuvre commune, attachée à leurs œuvres distinctes. Et son histoire se poursuit dans le souffle littéraire de Siri Hustvedt, que nous avons le grand plaisir d’honorer à Deauville. »
Marie Chaudey
Siri Hustvedt est une écrivaine et essayiste américaine née en 1955. Mondialement renommée, elle explore dans son œuvre les liens entre identité, mémoire, art, psychanalyse et neuroscience. Autrice de romans majeurs comme « Tout ce que j’aimais » (Actes Sud, 2010) ou « Un monde flamboyant » (Prix Transfuge du meilleur roman américain 2014), elle est aussi une intellectuelle engagée.
Avec « Ghost Stories », traduit dans plus de trente langues, Siri Hustvedt fait son entrée au catalogue Gallimard.
Rencontre avec Siri Hustvedt :
Une rencontre (en anglais) traduite par Tiffany Gassouk (Gallimard) et modérée par Bruno Corty (journaliste littéraire & rédacteur en chef du Figaro)
Mercredi 9 septembre à 16h
Suivie d’une signature de son roman
Aux Franciscaines
145b Avenue de la République
14800 Deauville